La compulsion est comme une force intérieure qui pousse à accomplir certains actes. Si vous essayez d’y résister, vous avez une montée d’angoisse. Parfois les personnes atteintes de boulimie ont des compulsions… Elles vont dans les magasins et achètent, sans que cela réponde à un besoin ou que l’objet soit utile, sans véritable plaisir. Dans les actes compulsifs, on retrouve aussi un sentiment de perte de contrôle : votre comportement vous dépasse, vous faites des choses malgré vous.

Compulsion de travail

II existe aussi des addictions qui semblent moins néfastes au premier abord. Une compulsion à travailler, des objectifs impossibles à atteindre… « Quand elle a 20 sur 20, ce n’est toujours pas assez ! » raconte une mère. Vous vous épuisez à la tâche, sans parvenir à augmenter votre estime de vous-même. Vous finissez par être à bout en raison de la souffrance qui vous ronge. II arrive alors souvent que vous désinvestissiez le domaine scolaire ou toute autre activité. Vous n’avez plus le goût à rien ni la force pour faire les choses qui vous plaisaient auparavant.

Cleptomanie

Le vol est un acte fréquent chez les personnes boulimiques. Parfois, il s’agit d’impulsions au moment des crises.

Un témoignage d’un ado de 17 ans : « Je sens la tension qui monte. Je descends les escaliers en courant et je ne m’arrête plus jusqu’au supermarché. Je n’ai pas eu le temps de penser à l’argent. De toute façon, ma tête ne fonctionne plus. Je marche au radar dans les rayons en remplissant mon sac de tablettes de chocolat, de paquets de gâteaux, de plaquettes de beurre. Tout ça en quelques minutes. Je ressors l’air de rien, en donnant l’impression de ne pas avoir trouvé ce que je cherchais. Dès que je suis sortie du champ de vision du gardien, je me remets à courir jusqu’au parc et je m’assois pour m’empiffrer ».

Ou encore : « J’ai une garde-robe bien fournie. Ma mère m’achète beaucoup de choses, parce qu’elle aime bien me voir contente, même si c’est devenu très rare maintenant. Malgré la pile de vêtements qui encombrent mes armoires, tous les samedis, quand je vais me promener, j’entre dans les magasins et je ne peux pas m’empêcher de piquer des robes ou des jupes que je ne mettrai d’ailleurs jamais! Je regarde, puis les enfouis rapidement dans mon sac et, arrivée à la maison, je les jette au fond de mon placard. Dans ces moments, c’est comme si je me transformais, l’espace de quelques heures, en zombie ».

De quelle façon contrôler les repas quand on est insatiable ?

Quand les désordres de l’alimentation sont devenus inhumains, il est nécessaire de « casser la croute » autrement dans le but de surpasser les manifestations de boulimie. Il est normal de manger raisonnablement, mais s’alimenter normalement. Et il faudra incorporer les nourritures protéinées et les féculeux, par petites doses. Pour l’emporter sur cette torture, l’autocuiseur est un accessoire obligatoire pour mijoter précipitamment un menu naturel et équilibré.

Mais souvent le vol ne résulte pas d’un besoin

II s’agit juste de voler pour voler, sans envie ni besoin, comme si vous n’aviez pas vraiment conscience de ce que vous êtes en train de faire. D’ailleurs, si on vous demande d’expliquer pourquoi vous avez pris tel ou tel article, il vous sera difficile de le dire. Ce comportement est aussi appelé cleptomanie. Voler est un acte puni par la loi, vous risquez la prison si vous le faites. Pour vous qui, par ailleurs, êtes respectueux de la loi, ces comportements sont bien étranges, on ne peut pas bien les expliquer, mais ils semblent liés au problème de la boulimie car ils disparaissent une fois que vous guérissez. L’état de jeûne, c’est-à-dire le fait d’être très peu alimenté, peut engendrer ce type de comportements bizarres comme collectionner des quantités de choses, car votre cerveau n’a plus les aliments nécessaires à son bon fonctionnement. Collectionner peut aussi vous donner la sensation d’être entouré, vous qui vous sentez si seul. Le vol est aussi l’un des moyens de créer des sensations fortes pour vous sentir vivre. « Quand je fais du saut à l’élastique, c’est le seul moment où je me sens exister », nous dira un ado en crise. Cette excitation peut même devenir addictive, c’est-à-dire qu’une dépendance à cette sensation se crée et que vous cherchez à aller de plus en plus loin, à prendre de plus en plus de risques pour augmenter les émotions.

Automutilation

Certains boulimiques ont des gestes agressifs envers eux-mêmes. On appelle cela des autoagressions. C’est le cas, par exemple, lorsqu’ils veulent se faire du mal pour se punir d’avoir fait une crise de boulimie. Le fait de vous brûler avec une cigarette, de vous entailler au couteau, de vous griffer ou de vous arracher les cheveux fait diminuer de façon éphémère votre état de tension intérieure. Vous avez besoin de libérer la colère qui est en vous et vous la retournez contre vous-même en vous faisant du mal. Vous sentez que vous ne pouvez plus vivre avec une telle souffrance intérieure et vous attaquez votre corps pour que la douleur ne soit plus à l’intérieur de vous, mais à l’extérieur. En effet, une forte douleur physique vous accapare et vous fait penser à autre chose qu’à votre souffrance intérieure.

« Je me regarde dans le miroir et je me dégoûte. Après chaque crise de boulimie, je me fais tellement horreur qu’il faut que je fasse du mal à ce corps qui me pourrit la vie. Je hais ce corps, je voudrais ne jamais y être entrée. Je n’ose pas me suicider car je voudrais vivre une belle vie. Mais le corps me gêne, me pèse. Alors je m’allume une clope pour l’encrasser et ça me fait tousser. Je le brûle, je lui inflige la marque de la clope pour qu’il comprenne, qu’il ne recommence plus, qu’il me laisse enfin vivre » dira un jeune homme de 19 ans.

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